PERFORMANCES

je me souviens je ne me souviens pas

Lucie Béguin, je me souviens je ne me souviens pas, performance, 2020, une exposition de Kind of Kin, performance à L’Autre Lieu – Anis Gras – Arcueil, 2020

Comment échapper à la loi de la production/
consommation qui se joue autour de la galerie
L’Autre Lieu, située dans le centre commercial de la Vache Noire à Arcueil ?
C’est en cherchant une respiration, une alternative à ce système que je créé la performance « je me souviens je ne me souviens pas » ; le rouleau de TPE sur lequel s’imprime les tickets de caisse est détourné. Au dos du rouleau, j’ai écrit à la main des souvenirs encore très présents et d’autres qui s’effacent malgré l’effort de mémoire, d’une personne chère aujourd’hui disparue. Le texte est une longue suite de souvenirs sans ponctuations, ou de tentatives de souvenirs pour retrouver cette personne dont les contours s’effacent avec le temps. Le rouleau est mis à sa place, dans la machine de la boulangerie qui jouxte la galerie, et chaque personne venue consommer enfouira dans sa poche un morceau du poème, un morceau de souvenir.

Table Matters #2

Lucie Béguin, Table Matters #2, performance environ 1h30, réalisée à l’espace culturel Albert Camus – La Tomate, La Valette du Var, 2012

Dans cette performance, le spectateur est entièrement impliqué, il fait partie intégrante de l’action.
Réalisée à plusieurs, elle nécessite des spectateurs-acteurs, composés de complices et du public présent dans le lieu. Le titre de la pièce est un jeu de mot en anglais, qui signifie « les affaires de la table » ou encore « ce qui est important c’est la table ». Je reprends les codes des banquets philosophiques et les transforme pour établir de nouvelles règles. Les quatre étapes traditionnelles du banquet ne se déroulent pas successivement mais ont lieu dans un même temps et sur une même table (le divertissement, l’ingurgitation des vivres, la circulation du vin et enfin la circulation de la parole). Tout se déroule autour de l’objet, de la préparation du repas jusqu’au divertissement, dans une même temporalité. C’est la notion de circulation qui m’importe et c’est cette recherche qui détermine l’installation du projet lors de sa présentation. Je tente d’évacuer la hiérarchisation produite par le déroulé originel ; hiérarchisation entre les différentes étapes du repas, où le chant, la danse, la nourriture sont moins importants que la parole. Hiérarchisation aussi entre les convives : l’hôte qui reçoit n’a pas la même place que l’invité d’honneur ou les autres convives présents. La circulation autour de la table est alors un élément essentiel qui permet d’évacuer cette hiérarchisation puisque le rôle de chaque convive est déterminé par la place qu’il occupe autour de la table. Chaque complice doit remplir alors un rôle déterminé au départ, écrit sur une partition. Cependant ces partitions écrites sont des partitions ouvertes qui laissent les complices improviser à loisir

Table Matters #1

Lucie Béguin, Table Matters, performance environ 1h30, réalisée à la galerie Parker’s Box, New York, 2012